Vendredi 31 octobre 2008
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Par Antoine Duvauchelle, journaliste, diplômé du master de journalisme dispensé par l'Ecole de journalisme du Rhône-Alpes (EJRA), au sein de l'université Stendhal
de Grenoble (également connue sous le nom d'ICM, Institut de la Communication et des Médias).
"Voici novembre, et cette année, c'est CPNEJ. Cette commission paritaire de l'emploi des journalistes fixe les règles d'attribution de la
reconnaissance des écoles de journalisme. Enjeu majeur : seules 12 écoles en France sont pour l'instant "reconnues par la profession", ce qui permet une insertion facilitée sur le marché de l'emploi, le raccourcissement du statut de stagiaire (période d'un an pour les anciens d'écoles
reconnues, de deux pour les autres, durant laquelle on a une carte de presse "stagiaire" et non définitive)... La reconnaissance permet aussi aux écoles de bénéficier du soutien financier et
d'une visibilité accrue auprès des médias de la région.
Autant dire que cet événement triennal est important. Très important. Eh bien, cette année encore, Grenoble est dans le rouge. Cela a un intérêt en soi, car Grenoble est dans le rouge à chaque fois. Cette fois, c'est une question d'école : le deuxième critère pour la reconnaissance est l'indépendance de la formation vis-à-vis des autres filières (c'est ce qui empêche
le master journalisme de Sciences Po d'accéder à la reconnaissance). A Grenoble, le master de journalisme existe au sein de l'UFR de communication. La reconnaissance a été attribuée à l'école
sous réserve qu'une procédure serait engagée pour rendre la formation indépendante. Ce qui est le cas, avec le projet de création de l'Ecole de journalisme Rhône-Alpes.
Le projet gelé par la présidence de l'université
La procédure est longue. Acceptation par l'UFR, par le CA, j'en passe et en bout de course, par le Ministère... Et retour à l'ordre du jour du CA de l'Université pour entériner les statuts. Et
durant cette longue procédure, à Grenoble, une nouvelle présidence a été élue à la tête de l'Université Stendhal. Qui a gelé le projet en refusant d'inscrire les statuts de la nouvelle école à
l'ordre du jour du CA... Deux semaines avant le début de procédure de réattribution de la reconnaissance par la CPNEJ.
Voilà pour les faits. Le reste se résume en mobilisation d'étudiants, en prises de position du corps enseignant et des professionnels associés, en accusations mutuelles de manipulation, en clarifications, etc. Mon but n'est
pas de dénoncer des façons de faire, il y a longtemps que des problèmes de personnes grèvent de façon récurrente le fonctionnement de "notre" école (j'en suis sorti cette année pour ma part).
D'un point de vue de mes ambitions professionnelles, du confort matériel et intellectuel que cela m'apporte, de la gratification amenée par le statut d'école reconnue, je ne peux que déplorer cet
état de fait. Et m'alarmer de la prise de position de deux professeurs contre la création d'une école. Deux enseignants qui m'ont donné des cours. D'ailleurs, tout le monde s'en émeut, les
étudiants semblent prêts à crier au traître, aidés par d'autres membres du corps enseignant plus convaincus par le projet.
D'un point de vue de mon implication au sein de l'association des anciens étudiants du master journalisme (autre critère relevé pour la reconnaissance), je ne peux qu'apporter mon soutien à
l'école, à l'équipe dirigeante, aux étudiants. Je ne peux que proposer d'écrire des lettres, passer des coups de téléphone, m'impliquer autant que possible pour sauver la situation. Et mal juger
ceux qui s'y opposent, avec comme principe l'avenir de l'école.
Pourtant, j'en étais là de mes réflexions quand une question m'est venue. L'école de Grenoble mérite-t-elle cette reconnaissance ? Alors que tous les deux ans, les mêmes crises reviennent. C'est
vrai, cette année le contexte est particulier, car une école de Lyon a postulé à la CPNEJ. On sait parfaitement que le leitmotiv de la CPNEJ est qu'il y ait la domination d'une école par région.
Plus, c'est la mort assurée à court terme pour l'une des deux (excepté en région parisienne, où l'afflux massif d'étudiants et l'alternance entre deux publiques et deux privées permet de faire
tenir le système).
Concilier monde professionnel et recherche
Mais d'un point de vue strictement objectif, du point de vue du journalisme, des futurs étudiants... Qu'en est-il ? Je me suis souvenu après m'être posé cette question d'une discussion avec l'un
des professeurs qui s'opposent aujourd'hui à la création de cette école. Je me souviens qu'il s'opposait au système - pourtant très "méritocratique" - des écoles par souci de concilier monde
professionnel et recherche. Les écoles de journalisme sont certes très orientées vers la pratique. Nous avons de bons professionnels chez les journalistes associés, de bonnes formations
techniques, et l'insertion professionnel au sortir des formations est excellente vu le métier et les conditions de l'emploi.
Mais quelle réflexion sur la profession ? Comment justifier que les cours théoriques sont les plus désertés par les étudiants. Certaines pratiques font parfois tiquer : apprendre le contenu des
journaux par coeur (comme ça, bêtement, juste apprendre tout, sans recul, sans retour) parce qu'un journaliste est avant tout "une éponge à infos", mais ne pas lire de livres
autour.
Même moi (ô présomption) qui souhaite m'engager dans une thèse, et donc dans une démarche de recherche à long terme, je ne me suis pas passionné pour le "mémoire" qu'on nous donnait à faire sur
deux ans. Parce qu'on n'est pas poussé dans ce sens, parce qu'on est surchargé de travail "technique", parce que finalement on est sûr d'avoir notre année dans tous les cas. Alors quelle peut
être la crainte du personnel non-journaliste ? Donc chercheur, avant tout... Eh bien, probablement la fin de la recherche à moyen terme. Parce qu'être plus proche des critères de la commission
paritaire signifie laisser plus de champs, plus d'ouverture aux médias régionaux, aux professionnels, et moins à l'Education nationale.
On peut comprendre leur point de vue. Plus de professionnels, moins de recherche, moins de réflexion. Dans un contexte où on demande le plus d'efficacité, où l'utilitarisme est envisagé comme
principe de jaugeage pour tout. Principe auquel la recherche ne peut souscrire, puisqu'elle ne peut y satisfaire. Et d'ailleurs, il faut correspondre aux critères de la commission, certes, mais
il nous faut aussi satisfaire aux critères de l'Education nationale. Nous ne sommes pas le CFJ-Paris, ou l'ESJ-Lille. Nous obtenons à la fin de notre cursus un master d'Etat. Et dans les critères
d'attribution, il y a le mémoire, censé symboliser la partie recherche. Pour l'instant.
C'est donc un point de vue respectable, compréhensible, et même acceptable. D'où le doute qui m'assaille. Comment se placer ? Et surtout, de mon point de vue, qui ne suis pas un chercheur,
faut-il entrer dans une logique de résistance contre le système entier ? Entendons-nous bien : la chute de l'école de Grenoble changera-t-elle quelque chose au fonctionnement de la CPNEJ ? Les
membres de la commission, les médias, vont passer à une autre école, comme on tourne une page, et mettre toutes les turpitudes de l'ICM sur le compte des conflits de personnes, de l'incapacité à
gérer la formation, à apparaître unis... Ce qui est partiellement vrai. Mais partiellement seulement, car il y a un vrai problème de fond derrière cette reconnaissance. Malgré tout, à quoi cela
va-t-il servir ? Grenoble ne sera plus, et Lyon aura une école reconnue. Avec une direction qui aura l'habileté de ne p as commettre les mêmes détours que l'ICM. Qui sera moins traversée par... le doute. Mais le doute
est-il compatible avec l'ego ?"
Antoine Duvauchelle
Photos : Université Stendhal / Service communication et Grenews.com.
Par Maude ML
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Publié dans : Ecoles de journalisme
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Quelques réactions :
Antoine, tu (je dis tu parce qu'oin doit avoir le même âge) mets dans la balance de la reconnaissance et surtout dans le refus par certains profs de changer de statut, l'abandon de la réflexion sur le métier, symbolisé par le fameux mémoire de master. Je ne crois pas que l'argument soit pertinent. De nomreuses autres "écoles" sont des "masters" et leurs étudiants doivent fournir une réflexion sur le métier de journaliste sous forme de mémoire. C'est le cas de Strasbourg, de Bordeaux, etc... qui sont reconnues depuis un bon moment et n'ont pas eu à ma connaissance de problèmes avec la commission paritaire. Reconnaissance par la commission ne veut pas dire abandon de la réflexion.
Après plus généralement au niveau de la réflexion sur le métier que tu estimes obligatoire dans l'école, je serais plus circonspect. Quand je suis entré au CFJ on m'a tout de suite dit "ici c'est une école professionnelle". Est-ce que ça veut dire qu'on n'a pas réfléchit au métier endant ces deux années, je ne crois pas. Maintenant pas de la même manière qu'un chercheur c'est sûr. Sauf que cette recherche, était-ce le bon moment pour la faire? Alors qu'il ne reste à chaque élève que deux ans pour assimiler les nombreuses techniques du métier, faire des stages, trouver une rédaction où il aura peut-être une place plus tard, bref faire rentrer le métier? Je ne crois pas. Si le doute et le recul doivent être des éléments constants de notre travail, ce sont des doutes et un recul sur la pratique même, en se confrontant aux situations réelles que doivent nous apprendre les écoles. L'autre recherche devrait avoir eu lieu avant l'entrée en école. Chaque étudiant devrait il me semble avoir réfléchit avant d'entrer en école sur ce qu'est ce métier et sur les problèmes, les interrogations qu'il soulève.
Pour faire vite, mon mémoire de master sur le journalisme je l'ai fait à Science-Po Lyon, en section Communication, avec un enseignant chercheur. En école de journalisme j'ai ensuite appris un métier avec des professionnels (qui en règle général ne s'épargnent pas un certain recul).
Ca semble déjà aller dans un autre sens que le mien, puisque vous proposez un apport à la réflexion, qui contredit ce que je dis sur l'absence de réflexion. Je serais heureux d'être dans le faux. Cela dit, nous n'en sommes pas à une majorité encore :)
Pour te répondre Antonin, je suis relativement d'accord sur ce que tu dis quant à la recherche personnelle que doit effectuer l'étudiant. Malgré tout, il faut avouer qu'il y a une sélection très disparate à l'entrée aux écoles de journalisme. Je ne juge pas en terme de qualités des accédants, mais plutôt sur la diversité des profils. Je ne dis pas que c'est mal, mais je voulais surtout soulever le cas des masters reconnus par l'Education nationale, notamment. En tous cas, c'est celui que je connais le mieux.
Comment pouvons-nous comparer des situations diverses telles que celles-ci :
- l'ICM (Grenoble), l'IJBA (Bordeaux), le CUEJ (Strasbourg), les CELSA (Paris) et l'IFP (Paris) sont des masters publics. Ils sont à la fois reconnus et sanctionnés par un diplôme ayant valeur nationale.
- le CFJ (Paris), l'IPJ (Paris), l'ESJ (Lille), l'EJT (Toulouse), et l'EJCM (Marseille) sont des écoles privées.
- Lannion et Tours sont des IUT. Maude connaîtra mieux les conditions d'accès à Tours, que je n'ai pas tenté, mais pour Lannion en tous cas, l'accès est privilégié pour les accès Bac, et pas au-delà (sauf changement depuis trois ans).
- en théorie, l'accès à toutes les écoles sauf les deux dernières est conditionné par l'obtention d'une licence ou équivalent. Mais dans les faits, certaines écoles acceptent effectivement sans trop de problème des licenciés (Grenoble notamment), et d'autres sont plus regardants, et visent au moins une maîtrise (IFP).
- il ne faut pas oublier toutes les écoles non reconnues, de qualité pour certaines (au moins parmi celles que je connais).
C'est vrai que le Cuej ou l'Ijba ont leurs mémoires également. Ce sont néammoins des cursus diplômants, qui doivent donc répondre aux critères de l'Education nationale, et proposer ce master. Que les privées proposent des mémoires, c'est très bien.
Pour aborder la question d'un point de vue plus personnel, je me souviens aussi de mon entrée à l'ICM. La première semaine était consacrée à des entretiens avec profs et journalistes enseignants. Avec CV, lettre de motivation "fictive" de candidature à un poste de journaliste dans un organe choisi... Des entretiens d'embaûche, en somme. Premier retour, qui est revenu très souvent en deux ans : il n'y a pas de travail. A part une ou deux voix discordantes, tous disaient qu'on allait en baver, que c'était quasi-mission impossible. Il fallait donc effectivement se battre : stages pendant toutes les vacances, stage d'un jour hebdomadaire, piges le week-end et correspondance pour le régional du coin tous les soirs.
On ne va pas se plaindre : c'est une excellente façon d'apprendre le métier. Cela dit, ça ne laisse aucune place au mémoire, gagné d'avance (et pourtant Albert sait que je l'ai mal fait), à la lecture d'ouvrages, etc. Si, entre minuit et une heure du matin. Parfois.
Cela dit, c'est un peu radical comme façon de présenter les choses. J'ai aussi eu, comme tout le monde, des cours de sémiologie, d'histoire du journalisme, de décryptage des médias, etc. Mais peu, comparé au temps et au stress consacrés à la production de sujets.
Après, je ne dis pas que le fonctionnement est totalement pourri. On peut quand même se rappeler des Petits soldats du journalisme, qui, s'il n'a pas fait de bien et est particulièrement engagé, présente tout de même des arguments valables.
Je dis simplement qu'on ne peut pas nier complètement l'intérêt des craintes de ces professeurs. Et pour en revenir à toute cette réflexion sur le métier de journaliste, il y a effectivement un courant important de discussion des usages, des nouvelles façons de faire du journalisme (les blogs qu'on a tous en RSS en sont la preuve). Mais quelle réflexion sur les implications de ces nouvelles formes de journalisme et leurs évolutions sur la démocratie, la façon dont les gens sont informés, le retentissement des médias ?
Ca viendra, je suis enthousiaste. Je pense que la plupart des gens ici n'auront pas à découvrir, à villipender ou à s'extasier sur les nouveautés d'Internet. Les "natifs" de l'Internet auront sans doute plus de place pour une autre réflexion.
En tous cas merci pour vos commentaires, je continue de suivre vos réponses.
A l'IFP où je suis en master 1, le cursus a déjà intégré cette réflexion sur les médias et c'est ce qui fait une de ses qualités.
Pour ce qui est du cas de Grenoble je ne peux que déplorer une éventuelle perte de la reconnaissance. Espérons pour eux que la commission prenne conscience de la qualité de l'équipe professionnelle et de celle des étudiants.
Bien sûr qu'elle la mérite !
Ok, je suis partial puisque je suis étudiant du Master Journalisme (MJ) de Grenoble.
Tout de même, on ne peut nier les atouts de l'ICM : une bibliothèque spécialisée en Sciences de la communication (entendez au sens scientifique), un groupe de recherche de renommée internationale (le GRESEC), des intervenants des médias régionaux et nationaux et du matos de pros. C'est pour ça que le MJ est reconnu.
Le problème actuel, que tu as bien résumé, c'est que l'on oppose recherche et professionnalisation (dans un climat de suspicion exécrable). Mais, plus qu'une particularité grenobloise, c'est une particularité française.
Il faudrait un rapprochement entre chercheurs et professionnels. Car si les uns apportent une distanciation critique et les autres leur expérience, pour l'instant tous se montrent les crocs.
Une commission de réflexion sur l'avenir du MJ, composée d'enseignants, de personnels et d'étudiants a été mise en place par le CA. Espérons qu'elle parviendra à une position commune qui sauvera la reconnaissance du MJ.
On peut tout de même s'interroger sur le fonctionnement de l'Université. Le projet nous avait été (il y a déjà longtemps) présenté comme une bonne chose, soutenue par les étudiants, l'association.
Adopté en UFR, CA (premiers avis simplement), puis sur toute la filière jusqu'au Ministère. Il semble étonnant qu'une présidente d'Université puisse arriver et tout bloquer. Mais ce sont des problèmes très politiques, à mon avis. Quoi qu'il en soit, il est étrange de fixer une commission sur l'avenir de l'école avec comme préalable le gel de la création de ladite école.
Pour le reste, le côté très pro de l'école, je ne m'engagerai pas sur ce terrain. C'est une discussion qui pourrait se faire pour toute formation, et j'ai mes avis. D'ailleurs je suis issu de l'ICM aussi.
Cela dit, ma question initiale pourrait être tournée en "le mérite-t-elle plus que l'école de Lyon" par exemple...
La question de la reconduction ou non de la reconnaissance de l'EJRA nous concerne tous, nous étudiants en journalisme. Aussi Maude, merci pour ce lieu de discussion ;-)
A aucun moment on ne parle de ce sur quoi débouche la formation de Grenoble, ni des moyens qui sont donnés ou que se donnent eux-mêmes les étudiants pour entrer dans la profession.
On a discuté de cela entre étudiants de l'EJT, et aucun d'entre nous n'a croisé d'étudiants de l'EJRA en stage cet été (à ma connaissance). Pourtant nous étions dispersés à travers toute la France, aussi bien en PQR (Sud-Ouest, Ouest-France, DNA, Le Parisien, Corse Matin, La Montagne, Le Progrès, l'Alsace, etc.), qu'en radio (France Bleu, le Mouv), ou encore en PHN (Marianne, l'Expansion).
D'où une interrogation : où sont ces étudiants ???
Si vous avez des stats, je suis preneur !
En tous les cas, on croise les doigts pour Grenoble ;-)
Et ton enquête auprès des étudiants de l'EJT me paraît bien restrictive. Je peux te certifier que des étudiants de l'ICM ont par exemple travaillé cet été à Ouest-France, à France bleu au Parisien ou encore au Progrès.
Sinon, Maude j'aimerais avoir ton point de vue concernant l'ISATIC de Luçon en Vendée, qui souhaite devenir l'Ecole de Journalisme de l'Ouest. Ne crois-tu pas qu'il y a un risque de récupération politique ?
Au sujet de l'ISATIC de Luçon, qui porte désormais le nom d'Ecole de journalisme de l'ouest - depuis le mois de mars 2008 (voir http://citizen.over-blog.net/article-17373616.html) - il faut, pour bien comprendre ta question, expliquer que la dite formation est à l'origine subventionnée par le Conseil général de la Vendée, qui a aidé à sa mise en place, sous l'égide de l'école de Etablières de La Roche-sur-Yon. Je rappelle que le Conseil général de la Vendée est dirigé par Philippe De Villiers. Et au sujet de son intérêt pour les médias, je vous suggère de lire la très intéressante enquête du journal Le Sans-culotte 85, repris par acrimed : http://www.acrimed.org/article2696.html
Enfin, le directeur général du groupe Etablières n'est autre que Jean-Claude Forconi, lui-même engagé en politique dans les divers droite, puisqu'il s'était présenté - puis retiré - comme candidat aux cantonales de 2004 (voir http://www.ouest-france.fr/2004/01/22/la-roche-sur-yon/Jean-Claude-Forconi-divers-droite-se-retire-des-cantonales-a-La-Roche-Nord-42381483.html).
Je me souviens que l'ISATIC à son époque espérait fournir un bassin de journalistes dans lequel la TV Vendée de De Villiers pourrait puiser ses journalistes. TV Vendée qui a dû s'affranchir un peu de son chaperon politique - au moins officiellement - pour obtenir l'accord de diffusion du CSA.
J'ai appris récemment que l'EJO déposait cette année un dossier de reconnaissance auprès de la CPNEJ. Mais celle-ci ne lui sera accordée que si la commission estime que son indépendance est respectée : dans les conditions d'attribution de la reconnaissance, il est indiqué que "Toutes les filières d’enseignement du journalisme (formation initiale et permanente) doivent être distinctes d’éventuelles filières de formation à la communication et répondre à un souci d’éthique et de respect des règles professionnelles."
Comme pour TV Vendée, j'imagine que l'EJO est donc, elle aussi, "officiellement" affranchie...
Si je t'ai posé la question, c'est parce que je savais que tu y étais passée.
Je m'inquiétais en fait d'une possible reconnaissance de l'école.
Etant moi-même vendéen et très au fait des pratiques de Philippe De Villiers dans le département, je sais pertinemment quelles sont ses intentions politiques avec cette école. J'ai également directement pu constater comment il agissait avec les journalistes du département.
Ton commentaire me rassure un peu car il prouve que l'EJO aura tout de même du mal à prouver son indépendance qui, dans les faits, n'existe pas. L'exemple du le directeur général du groupe Etablière, Jean-Claude Forconi, semble assez frappant.
Et même si l'EJO sera "officiellement" affranchie du Conseil général, je pense que la CPNEJ a suffisamment d'élément pour se rendre compte du subterfuge.
Au passage, cela fait toujours une école concurrente en moins pour Grenoble !
On trouve des journalistes de Grenoble dans les régionaux (Ouest-France, La Montagne, France Bleu, France 3, Le Dauphiné Libéré, le Progrès, etc), les nationaux / internationaux (Lequipe.fr, France24, M6, L'Express, etc), et en presse spécialisée (Bayard, Prisma, etc).
Par ailleurs, ça ne veut pas dire grand chose, nous n'avons jamais croisé non plus d'étudiants de l'EJT. Et pourtant, l'été 2007 j'étais aux DNA, on était 3, on avait au moins 3 personnes à la montagne, 4 ou 5 à Ouest-France, et des gens au Dauphiné libéré, le Progrès, etc.
Donc "ces étudiants" sont bien là.