Journaliste en devenir - Medias - Formation - Concours
Il y a quelques semaines, je recevais un énième message me demandant d'exercer mon métier gratuitement pour
un site internet. En substance :
"Bonjour,
Je me présente, je m'appelle X, je suis le directeur de la toute nouvelle rubrique médias du webzine Y. Comme tu t'en doutes, je t'écris car nous sommes actuellement à la recherche de chroniqueurs pour alimenter la rubrique. Que ce soit pour les sujets (presse, web, radio et tv) , les délais, le format et le type de papier (interviews, chronique de livres, de mag, décryptages, analyses etc.), tu seras assez libre. Autre chose, le webzine Y est tenu par un collectif de bénévoles. En conséquence, il n'y a malheureusement pas de rémunérations à la clé. Notre passion est réellement notre seul moteur. Serais-tu intéressé par écrire pour nous? Si oui, n'hésites pas à me contacter, je pourrais te parler plus précisément de notre projet ! A bientôt,
X"
Et une fois n'est pas coutume,
je me suis énervée. Parce que ce n'était pas la première fois que je recevais ce type de proposition. Parce qu'au fil de ces messages, je supporte de moins en moins que mon métier soit
dévalorisé, au point que plus aucune valeur ne soit accordée au travail effectué par les journalistes. Parce que j'en ai marre que le métier de journaliste soit pour certains considéré comme une
possible activité bénévole. Parce que je cherchais un stage rémunéré, parce que j'ai été obligée d'accepter à contre-coeur une non-rémunération provisoire, mais que j'aspire tout de même à gagner
prochainement ma vie de cette activité... Et que j'en ai marre de trouver, sur mon chemin de jeune diplômée, des centaines de candidats prêts à se solder gratuitement pour avoir un poste que
j'occuperais moi aussi volontiers... en échange d'un salaire, normalement légitime.
Alors je lui ai répondu. Rappelant le point n°5 de la Déclaration des droits et des devoirs des journalistes (Munich, 1971) : "En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique."
Un article censé assurer aux journalistes une totale liberté et indépendance face aux éventuelles pressions financières... voire corruption. Tentations qui pendent précisément au nez d'un journaliste affamé.
Et si les journalistes sont prêts à travailler gratuitement, pourquoi les entreprises devraient-elles les rémunérer ? Pourquoi, au lieu d'employer un journaliste en CDI ou en CDD, un rédacteur en chef ne prendrait-il pas un jeune bénévole à sa place, bien plus rentable ? (sans même parler de l'abus de stagiaires...)
A ma grande surprise, j'ai à nouveau reçu un message de la part de M. X, m'affirmant être "d'accord sur le principe." Mais expliquant que son cas était particulier, que son site en était "encore au stade associatif", que personne n'était rémunéré, lui y compris. Et qu'il s'était lancé dans cette "aventure" car l'état actuel des médias ne le satisfaisait pas. "Au lieu de me plaindre tout en continuant à ne rien faire pour obtenir satisfaction, je me décide à commencer tout en bas, c'est à dire dans le gratuit. C'est d'autant plus enthousiasmant que l'on contribue largement à créer un projet. (...) Je sors moi aussi d'une école de journalisme. Je veux moi aussi ne pas avoir le ventre vide et donc percevoir un salaire. Toutefois, je profite du fait d'être encore étudiant et dépendant pour tenter de rester fidèle à certains de mes principes."
A ces mots, j'ai été encore plus sidérée. J'ai ressenti ce message
comme la preuve que les jeunes journalistes ont déjà accepté leur future condition de précaires. Avec cette impression que nous ne sommes absolument pas prêts ni à nous unir, ni à nous battre.
Nous nous serions laissés happer par mégarde, par ignorance de nos droits, peut-être. Probablement aussi à cause du mattraquage sur la crise, sur la précarité quotidienne, sur la dévalorisation
de la valeur travail. Nous serions donc - comme l'explique justement le livre, tout juste publié, d'Anne et Marine Rambach (voir ci-contre) - les nouveaux "intellos précaires". Et en plus, nous serions
consentants.
Pour aller plus loin :
- Les Nouveaux Intellos précaires, d'Anne et Marine Rambach,
Editions Stock, 450 pages, 22.50€
- Enquête : Journalisme au rabais, les OS de l'info (Télérama)
- Génération précaire appelle les stagiaires à la vigilance (Rue 89)
- Invisibles des médias, collectif de pigistes en colère
- Free worker, l'agence d'intérim pour qui "votre travail n'a pas de valeur". Attention, second degré...
"Bonjour,
Je me présente, je m'appelle X, je suis le directeur de la toute nouvelle rubrique médias du webzine Y. Comme tu t'en doutes, je t'écris car nous sommes actuellement à la recherche de chroniqueurs pour alimenter la rubrique. Que ce soit pour les sujets (presse, web, radio et tv) , les délais, le format et le type de papier (interviews, chronique de livres, de mag, décryptages, analyses etc.), tu seras assez libre. Autre chose, le webzine Y est tenu par un collectif de bénévoles. En conséquence, il n'y a malheureusement pas de rémunérations à la clé. Notre passion est réellement notre seul moteur. Serais-tu intéressé par écrire pour nous? Si oui, n'hésites pas à me contacter, je pourrais te parler plus précisément de notre projet ! A bientôt,
X"
Et une fois n'est pas coutume,
je me suis énervée. Parce que ce n'était pas la première fois que je recevais ce type de proposition. Parce qu'au fil de ces messages, je supporte de moins en moins que mon métier soit
dévalorisé, au point que plus aucune valeur ne soit accordée au travail effectué par les journalistes. Parce que j'en ai marre que le métier de journaliste soit pour certains considéré comme une
possible activité bénévole. Parce que je cherchais un stage rémunéré, parce que j'ai été obligée d'accepter à contre-coeur une non-rémunération provisoire, mais que j'aspire tout de même à gagner
prochainement ma vie de cette activité... Et que j'en ai marre de trouver, sur mon chemin de jeune diplômée, des centaines de candidats prêts à se solder gratuitement pour avoir un poste que
j'occuperais moi aussi volontiers... en échange d'un salaire, normalement légitime.Alors je lui ai répondu. Rappelant le point n°5 de la Déclaration des droits et des devoirs des journalistes (Munich, 1971) : "En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique."
Un article censé assurer aux journalistes une totale liberté et indépendance face aux éventuelles pressions financières... voire corruption. Tentations qui pendent précisément au nez d'un journaliste affamé.
Et si les journalistes sont prêts à travailler gratuitement, pourquoi les entreprises devraient-elles les rémunérer ? Pourquoi, au lieu d'employer un journaliste en CDI ou en CDD, un rédacteur en chef ne prendrait-il pas un jeune bénévole à sa place, bien plus rentable ? (sans même parler de l'abus de stagiaires...)
A ma grande surprise, j'ai à nouveau reçu un message de la part de M. X, m'affirmant être "d'accord sur le principe." Mais expliquant que son cas était particulier, que son site en était "encore au stade associatif", que personne n'était rémunéré, lui y compris. Et qu'il s'était lancé dans cette "aventure" car l'état actuel des médias ne le satisfaisait pas. "Au lieu de me plaindre tout en continuant à ne rien faire pour obtenir satisfaction, je me décide à commencer tout en bas, c'est à dire dans le gratuit. C'est d'autant plus enthousiasmant que l'on contribue largement à créer un projet. (...) Je sors moi aussi d'une école de journalisme. Je veux moi aussi ne pas avoir le ventre vide et donc percevoir un salaire. Toutefois, je profite du fait d'être encore étudiant et dépendant pour tenter de rester fidèle à certains de mes principes."
A ces mots, j'ai été encore plus sidérée. J'ai ressenti ce message
comme la preuve que les jeunes journalistes ont déjà accepté leur future condition de précaires. Avec cette impression que nous ne sommes absolument pas prêts ni à nous unir, ni à nous battre.
Nous nous serions laissés happer par mégarde, par ignorance de nos droits, peut-être. Probablement aussi à cause du mattraquage sur la crise, sur la précarité quotidienne, sur la dévalorisation
de la valeur travail. Nous serions donc - comme l'explique justement le livre, tout juste publié, d'Anne et Marine Rambach (voir ci-contre) - les nouveaux "intellos précaires". Et en plus, nous serions
consentants.Pour aller plus loin :
- Les Nouveaux Intellos précaires, d'Anne et Marine Rambach,
Editions Stock, 450 pages, 22.50€
- Enquête : Journalisme au rabais, les OS de l'info (Télérama)
- Génération précaire appelle les stagiaires à la vigilance (Rue 89)
- Invisibles des médias, collectif de pigistes en colère
- Free worker, l'agence d'intérim pour qui "votre travail n'a pas de valeur". Attention, second degré...
Ven 1 mai 2009
29 commentaires
"[...] j'en ai marre de trouver, sur mon chemin de jeune diplômée, des centaines de candidats prêts à se solder gratuitement pour avoir un poste [...]"
Te rends-tu seulement compte que tu parles ici de toi-même ?
Ceux qui font que ce genre de pratique existe et continuera d'exister, ce ne sont pas les petits malins comme M. X qui veulent s'offrir de la main d'oeuvre gratuite : ce sont ceux qui, comme toi, acceptent ou ont accepté ces offres de travail bénévoles et autres stages non rémunérés. Que vas-tu répondre ? Que c'était juste une fois, pour te faire la main, et qu'on ne t'a pas laissé le choix ? Mais c'est exactement ce que te diront ces "centaines de candidats prêts à se solder gratuitement", dont tu parles avec mépris au lieu de t'y inclure.
Tu aurais pu profiter de ce post pour faire ton mea culpa envers tous les jeunes journalistes qui, à mon instar, n'ont JAMAIS accepté de travailler gratuitement, même pas pour un stage, même pas "juste une fois parce que j'avais pas le choix". Au lieu de ça, tu oses jouer les donneuses de leçons, te posant en porte-parole du petit précaire... que ton écart d'un soir a précisément contribué à enfoncer encore un peu plus.
Te rends-tu seulement compte que tu parles ici de toi-même ?
Ceux qui font que ce genre de pratique existe et continuera d'exister, ce ne sont pas les petits malins comme M. X qui veulent s'offrir de la main d'oeuvre gratuite : ce sont ceux qui, comme toi, acceptent ou ont accepté ces offres de travail bénévoles et autres stages non rémunérés. Que vas-tu répondre ? Que c'était juste une fois, pour te faire la main, et qu'on ne t'a pas laissé le choix ? Mais c'est exactement ce que te diront ces "centaines de candidats prêts à se solder gratuitement", dont tu parles avec mépris au lieu de t'y inclure.
Tu aurais pu profiter de ce post pour faire ton mea culpa envers tous les jeunes journalistes qui, à mon instar, n'ont JAMAIS accepté de travailler gratuitement, même pas pour un stage, même pas "juste une fois parce que j'avais pas le choix". Au lieu de ça, tu oses jouer les donneuses de leçons, te posant en porte-parole du petit précaire... que ton écart d'un soir a précisément contribué à enfoncer encore un peu plus.
Thibault - le 01/05/2009 à 09h13
Bonjour Thibault,
"... dont tu parles avec mépris au lieu de t'y inclure." ???
Vous remarquerez pourtant l'usage du "nous", dans le dernier paragraphe de mon billet... Je m'inclus absolument dans ce système. Je ne l'ai pas caché, j'ai moi aussi été obligée d'accepter, plus qu'à contre coeur, de faire office de main d'oeuvre gratuite. Alors oui, franchement j'aurais préféré faire autrement, parce que cela fait sept ans que je fais des économies de bouts de chandelles pour vivre... Mais je suis en école de journalisme, et chaque année nous avons des quotas de semaines de stage à réaliser pour valider nos diplômes. Il faut savoir que les écoles ne nous laissent pas le choix !!! C'est prends ton stage ou casse toi... J'aurais voulu postuler contre rémunération. J'aurais voulu ne jamais accepter de travailler gratuitement. Mais j'étais loin d'être en position de force. Ce n'est pas contre mes semblables, que je m'énerve. Plutôt contre le système tout entier qui l'entretient...
Et j'aimerais bien discuter un jour avec ces jeunes journalistes qui n'ont jamais été obligés à travailler gratuitement, en stage, heures sup, ou en collaboration quelconque. Qu'ils me donnent leur recette...
"... dont tu parles avec mépris au lieu de t'y inclure." ???
Vous remarquerez pourtant l'usage du "nous", dans le dernier paragraphe de mon billet... Je m'inclus absolument dans ce système. Je ne l'ai pas caché, j'ai moi aussi été obligée d'accepter, plus qu'à contre coeur, de faire office de main d'oeuvre gratuite. Alors oui, franchement j'aurais préféré faire autrement, parce que cela fait sept ans que je fais des économies de bouts de chandelles pour vivre... Mais je suis en école de journalisme, et chaque année nous avons des quotas de semaines de stage à réaliser pour valider nos diplômes. Il faut savoir que les écoles ne nous laissent pas le choix !!! C'est prends ton stage ou casse toi... J'aurais voulu postuler contre rémunération. J'aurais voulu ne jamais accepter de travailler gratuitement. Mais j'étais loin d'être en position de force. Ce n'est pas contre mes semblables, que je m'énerve. Plutôt contre le système tout entier qui l'entretient...
Et j'aimerais bien discuter un jour avec ces jeunes journalistes qui n'ont jamais été obligés à travailler gratuitement, en stage, heures sup, ou en collaboration quelconque. Qu'ils me donnent leur recette...
Maude ML
Bonjour,
j'arrive ici via twitter grâce à @palpitt et @eni_kao.
Si je comprends l'énervement, je ne suis pas sûr qu'il soit adapté à notre profession. En l'occurence, s'agit-il vraiment d'une profession ? Je parlerais plutôt d'une activité, dont la reconnaissance professionnelle est tout à fait étonnante puisque reposant sur la fiscalité : est considéré comme journaliste toute personne dont 50% ou plus de ses revenus proviennent d'une activité de journaliste.
Il y a - et c'est un avis tout à fait personnel - un décalage entre les promesses des écoles de journalisme apparues ces 10 dernières années et la réalité du marché. Cette profusion des formations correspondait à l'idée qu'il y aurait du travail pour tout le monde. Effectivement, à l'époque on envisageait une explosion du nombre de chaines télé, de radios et de titres de presse. C'est vrai. Mais dans la plupart de ces structures, c'est la survie pour les quelques journalistes présents.
On ne peut pas être journaliste comme on devient fonctionnaire. Je ne parle pas ici d'horaires ou de plaisir de travail mais bien de certitudes financières.
Pour info, j'ai moi même fait une école de journalisme il y a 10 ans. Coup de bol mes stages ont toujours été rémunérés. Mais surtout, au bout de quelques semaines, ils se sont transformés en piges sur le long terme. Evidemment bosser pour rien n'est pas sain, mais être journaliste c'est, je pense, etre son propre entrepreneur. Accepter qu'il n'y a pas d'autres issues que de faire son métier au mieux, quelque soient les conditions. Si au bout d'un temps donné, que chacun se fixe, on ne réussit pas à en vivre, alors il faut accepter de changer d'activité.
Devenir journaliste, c'est le même fonctionnement que devenir acteur. C'est un investissement un petit peu foireux au début, on ne sait pas forcément où l'on va, mais si cela fonctionne, on se régale...
Enfin, autant je comprends un énervement quand vous êtes contactée par un journal qui tourne depuis de nombreuses années, autant là je trouve que Monsieur X avait une démarche plutôt sympathique. En gros il demande : je suis en train de monter un truc, veux-tu y participer ? Or, dans tout projet qui se monte, rares sont les personnes rémunérées.
Pour info bis : je réfléchis en ce moment à "recruter" un stagiaire. Je n'envisage absolument pas de ne pas le payer, tout simplement parce que moi je me paie. Si cela se fait, je vous tiens au courant en gage de bonne foi ^^
j'arrive ici via twitter grâce à @palpitt et @eni_kao.
Si je comprends l'énervement, je ne suis pas sûr qu'il soit adapté à notre profession. En l'occurence, s'agit-il vraiment d'une profession ? Je parlerais plutôt d'une activité, dont la reconnaissance professionnelle est tout à fait étonnante puisque reposant sur la fiscalité : est considéré comme journaliste toute personne dont 50% ou plus de ses revenus proviennent d'une activité de journaliste.
Il y a - et c'est un avis tout à fait personnel - un décalage entre les promesses des écoles de journalisme apparues ces 10 dernières années et la réalité du marché. Cette profusion des formations correspondait à l'idée qu'il y aurait du travail pour tout le monde. Effectivement, à l'époque on envisageait une explosion du nombre de chaines télé, de radios et de titres de presse. C'est vrai. Mais dans la plupart de ces structures, c'est la survie pour les quelques journalistes présents.
On ne peut pas être journaliste comme on devient fonctionnaire. Je ne parle pas ici d'horaires ou de plaisir de travail mais bien de certitudes financières.
Pour info, j'ai moi même fait une école de journalisme il y a 10 ans. Coup de bol mes stages ont toujours été rémunérés. Mais surtout, au bout de quelques semaines, ils se sont transformés en piges sur le long terme. Evidemment bosser pour rien n'est pas sain, mais être journaliste c'est, je pense, etre son propre entrepreneur. Accepter qu'il n'y a pas d'autres issues que de faire son métier au mieux, quelque soient les conditions. Si au bout d'un temps donné, que chacun se fixe, on ne réussit pas à en vivre, alors il faut accepter de changer d'activité.
Devenir journaliste, c'est le même fonctionnement que devenir acteur. C'est un investissement un petit peu foireux au début, on ne sait pas forcément où l'on va, mais si cela fonctionne, on se régale...
Enfin, autant je comprends un énervement quand vous êtes contactée par un journal qui tourne depuis de nombreuses années, autant là je trouve que Monsieur X avait une démarche plutôt sympathique. En gros il demande : je suis en train de monter un truc, veux-tu y participer ? Or, dans tout projet qui se monte, rares sont les personnes rémunérées.
Pour info bis : je réfléchis en ce moment à "recruter" un stagiaire. Je n'envisage absolument pas de ne pas le payer, tout simplement parce que moi je me paie. Si cela se fait, je vous tiens au courant en gage de bonne foi ^^
Cedric - le 01/05/2009 à 10h30
Bonjour Cédric,
Soyez le bienvenu sur mon blog.
Je rejoins votre avis sur la question des écoles de journalisme. Il y en a bien trop, et donc bien trop de candidats. Ce ne sont pas seulement les écoles reconnues (il y en a 12), mais toutes les autres qui bourgeonnent autour, beaucoup plus nombreuses... et qui regorgent de candidats très motivés. Car le journalisme, il faut aussi le dire, est devenu une mode. Vous aurez remarqué qu'il y a d'ailleurs un grand fossé d'opinion concernant les journalistes. On dit soit "Les journalistes, ils ne disent que des conneries. Ce sont les soutiers du gouvernement, ils ne font que diriger l'opinion...", soit "Whaouh t'es journaliste, c'est trop bien, c'est super, tu vas passer à la télé alors ??? Ca doit être super intéressant comme métier..." (Je caricature).
Bref, le journalisme est devenu une mode. Et a entraîné beaucoup de la jeune génération, née avec la télévision, vers ces écoles en tous genres qui déversent leurs diplômés sur le marché du travail, toujours plus serré.
En ce qui concerne M. X, malheureusement, c'est sur lui que la foudre est tombée ce jour-là. Peut-être en effet, que ce n'était pas la bonne personne. Mais vous savez, nous sommes humains. Lorsque nous accumulons de l'énervement, il ne se déverse pas toujours sur la bonne personne... Cela dit, notre conversation va bien plus loin que ce que j'ai cité dans mon billet. Nous avons continué à discuter, cordialement, et à exposer nos points de vue. Sur quelques points nous étions d'accord. Sur d'autres, pas du tout... Mais le journalisme n'est pas une science, ça se discute, et chacun construit sa propre vision. Au final, je pense que nous avons eu tous deux, M. X et moi, un échange constructif sur cette question.
Soyez le bienvenu sur mon blog.
Je rejoins votre avis sur la question des écoles de journalisme. Il y en a bien trop, et donc bien trop de candidats. Ce ne sont pas seulement les écoles reconnues (il y en a 12), mais toutes les autres qui bourgeonnent autour, beaucoup plus nombreuses... et qui regorgent de candidats très motivés. Car le journalisme, il faut aussi le dire, est devenu une mode. Vous aurez remarqué qu'il y a d'ailleurs un grand fossé d'opinion concernant les journalistes. On dit soit "Les journalistes, ils ne disent que des conneries. Ce sont les soutiers du gouvernement, ils ne font que diriger l'opinion...", soit "Whaouh t'es journaliste, c'est trop bien, c'est super, tu vas passer à la télé alors ??? Ca doit être super intéressant comme métier..." (Je caricature).
Bref, le journalisme est devenu une mode. Et a entraîné beaucoup de la jeune génération, née avec la télévision, vers ces écoles en tous genres qui déversent leurs diplômés sur le marché du travail, toujours plus serré.
En ce qui concerne M. X, malheureusement, c'est sur lui que la foudre est tombée ce jour-là. Peut-être en effet, que ce n'était pas la bonne personne. Mais vous savez, nous sommes humains. Lorsque nous accumulons de l'énervement, il ne se déverse pas toujours sur la bonne personne... Cela dit, notre conversation va bien plus loin que ce que j'ai cité dans mon billet. Nous avons continué à discuter, cordialement, et à exposer nos points de vue. Sur quelques points nous étions d'accord. Sur d'autres, pas du tout... Mais le journalisme n'est pas une science, ça se discute, et chacun construit sa propre vision. Au final, je pense que nous avons eu tous deux, M. X et moi, un échange constructif sur cette question.
Maude ML
Bonjour,
Merci pour ce billet qui donne un bon aperçu de la situation de la profession. J'aimerais participer également au petit débat qui s'installe, à travers mon expérience. Nous sommes passés par la même école de journalisme (j'en suis sortie en 2006), Maude et moi. Je suis en CDI depuis 6 mois dans un hebdo pour les professionnels du ciné et de l'audiovisuel.
Ce débat sur les stages et la gratuité m'a toujours passionné car il soulève beaucoup de questions sur la profession. De mon point de vue, les stages obligatoires au cours d'une formation (reconnue, c'est indispensable) sont utiles, je ne remets pas en cause cela. Là où la pratique du stage me choque, c'est lorsque des anciens étudiants continuent à accepter des stages alors qu'ils sont diplomés (ou, moins "grave", des étudiants toujours en formation qui font des stages dans des boites qu'ils connaissent déjà bien et dans lesquelles ils acceptent un nouveau stage alors qu'ils auraient pu demander à être payé ou être pigiste). J'ai connu des gens dans ces 2 situations.
Le stage ou le travail gratuit doit être donnant-donnant. A chaque stage que l'on s'apprete à accepter, on doit se demander ce que cela peut nous apporter. La boite est gagnante dans l'histoire quoi qu'il arrive; il n'y a pas de raison que le stagiaire n'y trouve pas son compte. Le stage pourra t-il déboucher sur des piges? Vais je pouvoir me faire des contacts utiles? Le travail que l'on va me demander sera t-il formateur? La boite est-elle une "usine" à stagiaire? Voici quelques unes des questions qu'il faut se poser et ne surtout pas accepter un stage juste pour ajouter une ligne à son CV... Il y a tellement de boites qu'on peut forcément trouver qqchose qui correspond, quitte à choisir un endroit moins "prestigieux".
Concernant le travail gratuit, les mêmes questions se posent. J'ai travaillé gratuitement pour un site médias réputé aujourd'hui (tout en cherchant du travail) et je pense que si je ne l'avais pas fait, je ne serai pas là où je suis aujourd'hui. J'ai arreté quand j'ai trouvé un CDD. Cela m'a permis de garder une activité et un rythme lorsque j'étais au chomage et c'était bénéfique.
Il y a de plus en plus de sites d'infos avec une équipe qui bosse gratuitement: un tri est indispensable mais certains vous permettent de vous faire un réseau.
Dernière chose: créer un blog où l'on y développe sa spécialité peut s'avérer très précieux. C'est un bon compromis pour qqn qui voudrait se faire la main sur le web, sans bosser dans une boite douteuse. En revanche, ce blog doit être fait avec sérieux, au risque de se faire une mauvaise pub. Il peut ouvrir certaines portes. Pas un boulot mais devient une sorte de press-book public. Presque indispensable aujourd'hui pour un journaliste qui se lance.
Merci pour ce billet qui donne un bon aperçu de la situation de la profession. J'aimerais participer également au petit débat qui s'installe, à travers mon expérience. Nous sommes passés par la même école de journalisme (j'en suis sortie en 2006), Maude et moi. Je suis en CDI depuis 6 mois dans un hebdo pour les professionnels du ciné et de l'audiovisuel.
Ce débat sur les stages et la gratuité m'a toujours passionné car il soulève beaucoup de questions sur la profession. De mon point de vue, les stages obligatoires au cours d'une formation (reconnue, c'est indispensable) sont utiles, je ne remets pas en cause cela. Là où la pratique du stage me choque, c'est lorsque des anciens étudiants continuent à accepter des stages alors qu'ils sont diplomés (ou, moins "grave", des étudiants toujours en formation qui font des stages dans des boites qu'ils connaissent déjà bien et dans lesquelles ils acceptent un nouveau stage alors qu'ils auraient pu demander à être payé ou être pigiste). J'ai connu des gens dans ces 2 situations.
Le stage ou le travail gratuit doit être donnant-donnant. A chaque stage que l'on s'apprete à accepter, on doit se demander ce que cela peut nous apporter. La boite est gagnante dans l'histoire quoi qu'il arrive; il n'y a pas de raison que le stagiaire n'y trouve pas son compte. Le stage pourra t-il déboucher sur des piges? Vais je pouvoir me faire des contacts utiles? Le travail que l'on va me demander sera t-il formateur? La boite est-elle une "usine" à stagiaire? Voici quelques unes des questions qu'il faut se poser et ne surtout pas accepter un stage juste pour ajouter une ligne à son CV... Il y a tellement de boites qu'on peut forcément trouver qqchose qui correspond, quitte à choisir un endroit moins "prestigieux".
Concernant le travail gratuit, les mêmes questions se posent. J'ai travaillé gratuitement pour un site médias réputé aujourd'hui (tout en cherchant du travail) et je pense que si je ne l'avais pas fait, je ne serai pas là où je suis aujourd'hui. J'ai arreté quand j'ai trouvé un CDD. Cela m'a permis de garder une activité et un rythme lorsque j'étais au chomage et c'était bénéfique.
Il y a de plus en plus de sites d'infos avec une équipe qui bosse gratuitement: un tri est indispensable mais certains vous permettent de vous faire un réseau.
Dernière chose: créer un blog où l'on y développe sa spécialité peut s'avérer très précieux. C'est un bon compromis pour qqn qui voudrait se faire la main sur le web, sans bosser dans une boite douteuse. En revanche, ce blog doit être fait avec sérieux, au risque de se faire une mauvaise pub. Il peut ouvrir certaines portes. Pas un boulot mais devient une sorte de press-book public. Presque indispensable aujourd'hui pour un journaliste qui se lance.
Bridget - le 01/05/2009 à 14h09
Bonjour Maude,
Désolée pour tes débuts difficiles dans la profession. Pour ma part, cela fait plus de dix que je travaille dans le milieu du journalisme. J'ai commencé à travailler dans un grand quotidien espagnol, puis au mexique, idem presse quotidienne nationale. Retour en France il y a 9 ans. Voilà 7 ans que je pige pour des magazines féminins. La profession en dix ans a énormément changé. On ne me demande plus du tout le même travail que lors de mes débuts. Et effectivement, le titre de ton billet sonne juste à mes oreilles.
Dans ce métier, aucune solidarité, aucune éthique... C'est un métier de requins (et encore, je me demande parfois si ces bestiaux ne sont pas plus civilisés que nous journalistes)... Ceux qui réussissent ont une gnaque incroyable. Est-ce que cela les rend plus heureux et vivant... (person, j'en doute... Quand je m'aventure à faire un tour dans les rédactions, franchement, à part, leurs salaires stables, je ne les envie vraiment pas. Leur regard ne pétille pas.. et le verbe est acide.
Nous vivons dans une époque très trouble... Mais, rien n'est jamais perdu. COurage, c'est quand même une belle profession !
Désolée pour tes débuts difficiles dans la profession. Pour ma part, cela fait plus de dix que je travaille dans le milieu du journalisme. J'ai commencé à travailler dans un grand quotidien espagnol, puis au mexique, idem presse quotidienne nationale. Retour en France il y a 9 ans. Voilà 7 ans que je pige pour des magazines féminins. La profession en dix ans a énormément changé. On ne me demande plus du tout le même travail que lors de mes débuts. Et effectivement, le titre de ton billet sonne juste à mes oreilles.
Dans ce métier, aucune solidarité, aucune éthique... C'est un métier de requins (et encore, je me demande parfois si ces bestiaux ne sont pas plus civilisés que nous journalistes)... Ceux qui réussissent ont une gnaque incroyable. Est-ce que cela les rend plus heureux et vivant... (person, j'en doute... Quand je m'aventure à faire un tour dans les rédactions, franchement, à part, leurs salaires stables, je ne les envie vraiment pas. Leur regard ne pétille pas.. et le verbe est acide.
Nous vivons dans une époque très trouble... Mais, rien n'est jamais perdu. COurage, c'est quand même une belle profession !
Mila - le 01/05/2009 à 16h00
Arrêter ce métier pendant qu'il en est encore temps, et si vous voulez faire réellement quelque chose de particuliérement positif, faites autre chose, que ces jobs qui ne débouchent sur aucune perspective, aucun avenir, et qui ne vous donneront aucun plaisir, si ce n'est celui bien furtif, d'être publié. Comment prendre du plaisir aujourd'hui, alors que le deux colls, 1500 signes, s'est imposé dans tous les médias de presse écrite, plus moyen d'être créatif, du fait, d'un resserrement sans précédent du lectorat, qui va de pair avec une médiocrité croissante des papiers ? Le journalisme, est devenu une profession de requins, où seul le fait d'être carriériste vous donnera, pendant un temps, de quoi bouffer, et pas plus et ce, même en presse écrite. Comment peux t-on être a ce point dans la dénonciation des conservatismes et des lobbies ambiant, tout en faisant abstraction de ce qui se passent au niveau de son voisin ? Pour un journaliste, un collégue à terre, c'est une bonne nouvelle et on peux gloser à loisirs, la dessus. On dirait un vil panier de crabes, qui se battent encore pour avaler quelques substances mortiféres. Moi même, passé par l'IUT de Tours, je médite aujourd'hui sur la profonde mesquinerie de toute une palanquée de guignols et d'incompétents notoires, qui président aux destinées des écoles reconnues par la profession, ou qui travaillent dans les rédactions. Ne vous inquiétez pas, ces gens là ne se remettront jamais en cause, ils continueront vaille que vaille, à nous fourguer de façon hypocrite les mêmes impératifs, tout en sachant pertinement, que désormais peu de personnes seront à même de faire réellement ce job de façon perenne. De toute façon, quel intérêt ? Le net va tuer la presse écrite, et le recrutement à DIRECT 8, s'est effectué par exemple sur des critéres uniquement physiques du style beautiful people. Ce basculement était déjà perceptible au niveau des années 2000. J'ai travaillé pendant 12 ans sur des chaînes de télévision et de radios, j'ai participé au lancement d'une chaîne du câble, en tant que rédacteur en chef en 1998, mais aujourd'hui tous ces gens me font gerber par leurs silences et leurs compromissions. Le mieux a faire, serait d'entreprendre des poursuites contre toutes ces écoles, pour publicité mensongére. Mais cela n'arrivera jamais, bien entendu et ce serait le pot de terre contre le pot de fer. Pour le reste attendez vous, dans les années futures à bcp de révoltes car beaucoup de gens ne trouveront pas chaussures à leurs pieds, qu'ils soient talentueux ou non.
jean pierre lex - le 01/05/2009 à 17h25
Je ne crois pas qu'abandonner le métier soit la solution. Le laisser aux "requins" dont vous parlez, ce serait encore pire... Et puis, que faire d'autre ? Le journalisme est un métier mais ce n'est
pas que cela : si je ne conçois pas le fait de travailler éternellement sans être payée, je ne me vois pas non plus me priver de ma passion et de mes espoirs pour la profession. Il ne s'agit pas
que de plaisir...
Maude ML
Et pour terminer, je vais ajouter ceci. Il y a 20 ans, les écoles avaient une réelle efficacité, c'est moins vrai aujourd'hui. Il n'y a pas de travail dans le journalisme, on est dans le phénomène basique de la loi de l'offre et de la demande. D'où ce que l'on voit aujourd'hui, avec des employeurs qui ne se génent même pas, mais pourquoi ne se généraient ils pas, aprés tout ? Mais la question devrait être, celle là : comment se fait il, que des milliers de jeunes continuent chaque année, a entretenir les rêves les plus fou, alors qu'il n'y a rien pour eux, et qu'ils ont été prevenu par avance ? Cessez de croire tous ce que l'on vous raconte, et si vous ne voulez pas devenir des intellos précaires, faites autre chose; il y a plein de beaux métiers en France, trés bien payé, offrant des situations stables.
jean pierre lex - le 01/05/2009 à 17h53
Là, je suis d'accord. Le journalisme est, pour beaucoup d'aspirants au métier, un miroir aux alouettes. Cela s'explique aussi car les jeunes actuels sont issus de la génération télé (voire web) et
du tout-info, et des stars des médias. Il ne faut pas s'étonner qu'il s'identifient à ces modèles et désirent tout faire pour atteindre cette sorte de notoriété... Là en effet, il y a un manque
d'information. La majorité des journalistes ne sont ni connus ni reconnus pour ce qu'ils font. Loin d'être des stars, la plupart vivent dans l'ombre. Et c'est, selon moi, très bien comme ça...
Maude ML
Mouais...
J'espère qu'en tant que future salariée tu as conscience que ce n'est pas toi qui décide, c'est le patron, de tes conditions d'embauche...
ce serait si simple si un salarié pouvait choisir et dire " ah nan, tiens je vais faire la fine bouche, monsieur sur le cdd que vous m'offrez !"
Facile de cracher sur tes "concurrents"... quand tu passeras au stade supérieur, à savoir les cdd, tu refuseras donc logiquement cette précarité et vivra du rmi ? Ben oui, tu te rendras vite compte qu'etre en cdd c'est pas tellement la joie non plus... t'es corvéable à merci, virable au moindre pet de travers... adios prime d'ancienneté, en cas de difficultés économiques dans la boite t'es le premier viré, etc...
Bienvenue dans le monde réel de l'entreprise... les stagiaires se font exploiter, les précaires aussi et ce sont tous de grands méchants vilains qui te volent ton boulot, hein ? ah tiens, ça me fait penser à un autre discours change stagiaires par noirs, immigrés... tu vois où je veux en venir ? Facile de cogner sur ceux quie ssaient juste de survivre au système ! plus dur de s'attaquer réellement à ceux qui en profitent réellement : à savoir les entreprises de presse et les groupes surtout dont elles font partie...
Tellement plus facile de se poser en donneuse de leçon...
J'espère qu'en tant que future salariée tu as conscience que ce n'est pas toi qui décide, c'est le patron, de tes conditions d'embauche...
ce serait si simple si un salarié pouvait choisir et dire " ah nan, tiens je vais faire la fine bouche, monsieur sur le cdd que vous m'offrez !"
Facile de cracher sur tes "concurrents"... quand tu passeras au stade supérieur, à savoir les cdd, tu refuseras donc logiquement cette précarité et vivra du rmi ? Ben oui, tu te rendras vite compte qu'etre en cdd c'est pas tellement la joie non plus... t'es corvéable à merci, virable au moindre pet de travers... adios prime d'ancienneté, en cas de difficultés économiques dans la boite t'es le premier viré, etc...
Bienvenue dans le monde réel de l'entreprise... les stagiaires se font exploiter, les précaires aussi et ce sont tous de grands méchants vilains qui te volent ton boulot, hein ? ah tiens, ça me fait penser à un autre discours change stagiaires par noirs, immigrés... tu vois où je veux en venir ? Facile de cogner sur ceux quie ssaient juste de survivre au système ! plus dur de s'attaquer réellement à ceux qui en profitent réellement : à savoir les entreprises de presse et les groupes surtout dont elles font partie...
Tellement plus facile de se poser en donneuse de leçon...
hélène - le 01/05/2009 à 19h46
Alors là, je ne suis pas d'accord du tout...
Que le patron décide des conditions d'embauche, bien sûr, mais encore faut il qu'il y ait embauche ! Et je ne considère pas qu'être pris en stage constitue une embauche. Ensuite, je n'ai pas parlé de CDD. Et bien sûr, le CDD n'est pas la panacée. Mais au moins on est payé pour le travail que l'on fait, quelle que soit sa durée. Et je ne dis pas que les stagiaires et précaires me "volent" mon boulot, je pense simplement que ce système est un cercle vicieux qu'il conviendrait d'arrêter... s'il n'est pas déjà trop tard. Ce sont justement les entreprises de presse et les groupes qui abusent de ces pratiques, qui me désolent, pas les précaires qui sont obligés de rentrer dans le cercle pour survivre... Quant au passage sur les "noirs, immigrés", n'en parlons même pas... je ne comprends pas comment vous pouvez faire de tels raccourcis !!!
Que le patron décide des conditions d'embauche, bien sûr, mais encore faut il qu'il y ait embauche ! Et je ne considère pas qu'être pris en stage constitue une embauche. Ensuite, je n'ai pas parlé de CDD. Et bien sûr, le CDD n'est pas la panacée. Mais au moins on est payé pour le travail que l'on fait, quelle que soit sa durée. Et je ne dis pas que les stagiaires et précaires me "volent" mon boulot, je pense simplement que ce système est un cercle vicieux qu'il conviendrait d'arrêter... s'il n'est pas déjà trop tard. Ce sont justement les entreprises de presse et les groupes qui abusent de ces pratiques, qui me désolent, pas les précaires qui sont obligés de rentrer dans le cercle pour survivre... Quant au passage sur les "noirs, immigrés", n'en parlons même pas... je ne comprends pas comment vous pouvez faire de tels raccourcis !!!
Maude ML
ah, à propos des écoles, dois-je te rappeller que passer par une école n'est aucunement obligatoire pour accéder à la profession de journalisme ( et je pense que c'est un bien ! quand je vois els dégats du formatage sur ceux qui en sortent !) Qu'importe qu'il y ait trois ou trente écoles dans ces conditions ?
Tu tires à boulet rouge sur des fantomes... pas sur les vrais causes du probleme. La presse est une industrie comme une autre, soumise aux mêmes règles économiques que d'autres secteurs. les journalistes sont des salariés comme les autres et non une aristocratie à part comme tu voudrais que ce soit le cas. Et ils subissent comme tous les autres salariés la dégradation de leurs conditions de travail... avec son quota de précarité !
Bouh, pas beau, pas gentil d'être traitée comme une simple ouvrière ou caissière ? Décue qu'on ne te fasse pas de courbettes avec ton joli bac +2, bac + 3 (tiens, j'ai été payée au smic avec un bac +5... j'aurais du refuser certainement, hein ? c'était brader mon diplome... )
Bienvenue sur terre !
Tu tires à boulet rouge sur des fantomes... pas sur les vrais causes du probleme. La presse est une industrie comme une autre, soumise aux mêmes règles économiques que d'autres secteurs. les journalistes sont des salariés comme les autres et non une aristocratie à part comme tu voudrais que ce soit le cas. Et ils subissent comme tous les autres salariés la dégradation de leurs conditions de travail... avec son quota de précarité !
Bouh, pas beau, pas gentil d'être traitée comme une simple ouvrière ou caissière ? Décue qu'on ne te fasse pas de courbettes avec ton joli bac +2, bac + 3 (tiens, j'ai été payée au smic avec un bac +5... j'aurais du refuser certainement, hein ? c'était brader mon diplome... )
Bienvenue sur terre !
hélène - le 01/05/2009 à 19h56
Encore une fois, où ai-je dit qu'il était obligtoire de passer par une école pour accéder à la profession ? Quant au formatage, selon moi celui-ci s'opère plus dans les entreprises que dans les
écoles... (du moins pour les écoles que j'ai côtoyées).
Enfin, je n'attends pas les courbettes... calmez-vous !
Enfin, je n'attends pas les courbettes... calmez-vous !
Maude ML
C'est vif, mais pas faux. C'est un système entier qui est responsable avec des jeunes qui pense que c'est mieux d'être journaliste que serveur ou os parce que c'est plus roamantique
A l'arrivée vous êtes 100 pour UNE SEULE PLACE. Faites marcher la boite à piston
A l'arrivée vous êtes 100 pour UNE SEULE PLACE. Faites marcher la boite à piston
jean pierre lex - le 01/05/2009 à 20h31
Je suis aussi contre la boîte à pistons... ;)
Maude ML
Mais je partage toutefois son avis sur l'enthousiasme qui se crée au lancement d'un projet. Même si ses arguments concernant le ventre vide sont quelques peu contradictoires...
Tant qu'il y aura des personnes qui accepteront de travailler pour rien sinon leur nom en bas d'un article, il y aura des gens pour se proposer....
Niveau photographie, la situation est encore pire en fait, ce qui m'a en partie décidé à stopper de publier sur le web..."C'est là, donc je me sers". Dans ton cas, de la main d'oeuvre, dans le mien du travail considéré comme libre d'usage alors qu'il n'en est rien...