Journaliste en devenir - Medias - Formation - Concours
On m'avait régulièrement parlé de "la galère Pôle emploi", rencontrée par les journalistes demandeurs d'emploi. "Pôle emploi, c'est du pipeau", m'avait-on avertie. "Courage,
et surtout patience.... grande patience avec ces messieurs dames...", conseillait une amie avant mon rendez-vous. Et une autre : "Moi, on m'a carrément ri au nez quand j'ai dit que
j'étais journaliste !" Je pensais aussi à l'anecdote d'un journaliste qui s'était vu proposer un emploi d'imprimeur : "Ben quoi, c'est dans la presse !" lui avait-on dit. Et à cette
autre amie journaliste, qui se demande toujours comment Pôle emploi a pu lui proposer un poste de "commercial pour une troupe de clowns"... Au final, seule "l'agence spéciale pour
les journalistes"* - à Paris bien sûr - semblait remporter un certain succès. Et c'est dans cet état d'esprit que j'ai poussé la porte de mon agence locale, vendredi matin. Prête à tout
entendre, et surtout sans aucun espoir de trouver un job.
"J'en ai vu plein, des journalistes !"
Dans la longue file d'attente de l'accueil, je n'ai vu que des moins de 30 ans. Le
chômage et la précarité des jeunes, ce n'est pas du pipeau, et je n'en suis une parmi d'autres. Bien, voilà un début encourageant.
En 10 minutes je suis dans le bureau du conseiller Assedic. Je me présente, dis que je suis journaliste, spécialisée en télévision ou web, il ne bronche pas. "Vous savez j'en ai vu plein des journalistes, de chez Presse Océan surtout..."
Dans cette agence locale qui traite une communauté de communes d'environ 40 000 habitants, et où ne subsiste plus qu'une antenne de Ouest France et un hebdomadaire local, je doutai que cet homme ait rencontré tant de journalistes. Quant à Presse Océan, dont la rédaction locale a fermé ses portes l'an dernier, seuls deux journalistes y travaillaient. Même s'ils sont passés par ce bureau, ça ne fait pas tant que ça...
Nous passons en revue mes quelques fiches d'Assedic. Tout juste diplômée, j'ai rarement été payée, c'est donc rapide. Je tente de poser quelques questions sur le statut d'auto-entrepreneur, sur le portage salarial et la compatibilité de ces statuts avec le métier de journaliste : pour lui, rien ne pose problème du moment que je lui déclare mes revenus, et que je lui transmets mes fiches Assedic. Pour le reste, il faudra que je me renseigne ailleurs. Me voilà inscrite comme demandeuse d'emploi. Je n'ai droit ni au chômage ni aux Assedic : bureau suivant !
"Vous vous débrouillez très bien toute seule"
La conseillère Pôle emploi, sensée m'aider dans mes recherches, a probablement le même âge que moi. Très avenante, à l'écoute, elle comprend vite que je sais me débrouiller pour mes CV, lettres de motivation, et que je n'ai pas attendu de la rencontrer pour entamer les démarches.
Elle me propose de regarder avec elle les offres disponibles sur le site de Pôle emploi. Je lui explique que je les consulte chaque jour, qu'il y en a parfois quelques unes intéressantes, mais que souvent les entreprises de presse ne passent pas par Pôle emploi pour effectuer leurs recrutements. Ou bien, si elles le font, c'est parce qu'elles ont besoin de compétences particulières : bilinguisme dans des langues rares, nombreuses années d'expérience, mobilité géographique dépassant la métropole, etc. Et la conseillère de constater que les offres en ligne sur le moment demandent effectivement des compétences en Russe, Arabe, Ukrainien... seule une offre se révèle acceptable.
"Je vous l'imprime, faites en ce que vous voudrez !", indique-t-elle. "Sinon, vous pouvez peut-être aller voir du côté de l'APEC, l'agence pour l'emploi des cadres. Ce sont généralement eux qui aident le mieux nos grands diplômés", suggère la conseillère. "Bon, je vois que vous vous débrouillez très bien toute seule. Normalement on vous recontactera dans trois ou quatre mois pour un nouvel entretien. Mais j'espère que d'ici là, vous aurez trouvé un emploi !"
Ma première rencontre avec Pôle emploi a duré environ une heure. Une heure pendant laquelle on m'a seulement indiqué que je n'avais aucun droit financier (je le savais déjà), et me suis finalement vue dire que je me débrouillais très bien sans aide. Mais en attendant, je n'ai pas de travail...
* Point Relais CNRJ Journalistes
12 rue Blanche, 75009 PARIS
Tél. : 01 53 21 80 51
Horaires :
du lundi au mercredi de 9h00 à 17h00
le jeudi de 9h00 à 12h00
le vendredi de 9h00 à 17h00
"J'en ai vu plein, des journalistes !"
Dans la longue file d'attente de l'accueil, je n'ai vu que des moins de 30 ans. Le
chômage et la précarité des jeunes, ce n'est pas du pipeau, et je n'en suis une parmi d'autres. Bien, voilà un début encourageant.En 10 minutes je suis dans le bureau du conseiller Assedic. Je me présente, dis que je suis journaliste, spécialisée en télévision ou web, il ne bronche pas. "Vous savez j'en ai vu plein des journalistes, de chez Presse Océan surtout..."
Dans cette agence locale qui traite une communauté de communes d'environ 40 000 habitants, et où ne subsiste plus qu'une antenne de Ouest France et un hebdomadaire local, je doutai que cet homme ait rencontré tant de journalistes. Quant à Presse Océan, dont la rédaction locale a fermé ses portes l'an dernier, seuls deux journalistes y travaillaient. Même s'ils sont passés par ce bureau, ça ne fait pas tant que ça...
Nous passons en revue mes quelques fiches d'Assedic. Tout juste diplômée, j'ai rarement été payée, c'est donc rapide. Je tente de poser quelques questions sur le statut d'auto-entrepreneur, sur le portage salarial et la compatibilité de ces statuts avec le métier de journaliste : pour lui, rien ne pose problème du moment que je lui déclare mes revenus, et que je lui transmets mes fiches Assedic. Pour le reste, il faudra que je me renseigne ailleurs. Me voilà inscrite comme demandeuse d'emploi. Je n'ai droit ni au chômage ni aux Assedic : bureau suivant !
"Vous vous débrouillez très bien toute seule"
La conseillère Pôle emploi, sensée m'aider dans mes recherches, a probablement le même âge que moi. Très avenante, à l'écoute, elle comprend vite que je sais me débrouiller pour mes CV, lettres de motivation, et que je n'ai pas attendu de la rencontrer pour entamer les démarches.
Elle me propose de regarder avec elle les offres disponibles sur le site de Pôle emploi. Je lui explique que je les consulte chaque jour, qu'il y en a parfois quelques unes intéressantes, mais que souvent les entreprises de presse ne passent pas par Pôle emploi pour effectuer leurs recrutements. Ou bien, si elles le font, c'est parce qu'elles ont besoin de compétences particulières : bilinguisme dans des langues rares, nombreuses années d'expérience, mobilité géographique dépassant la métropole, etc. Et la conseillère de constater que les offres en ligne sur le moment demandent effectivement des compétences en Russe, Arabe, Ukrainien... seule une offre se révèle acceptable.
"Je vous l'imprime, faites en ce que vous voudrez !", indique-t-elle. "Sinon, vous pouvez peut-être aller voir du côté de l'APEC, l'agence pour l'emploi des cadres. Ce sont généralement eux qui aident le mieux nos grands diplômés", suggère la conseillère. "Bon, je vois que vous vous débrouillez très bien toute seule. Normalement on vous recontactera dans trois ou quatre mois pour un nouvel entretien. Mais j'espère que d'ici là, vous aurez trouvé un emploi !"
Ma première rencontre avec Pôle emploi a duré environ une heure. Une heure pendant laquelle on m'a seulement indiqué que je n'avais aucun droit financier (je le savais déjà), et me suis finalement vue dire que je me débrouillais très bien sans aide. Mais en attendant, je n'ai pas de travail...
* Point Relais CNRJ Journalistes
12 rue Blanche, 75009 PARIS
Tél. : 01 53 21 80 51
Horaires :
du lundi au mercredi de 9h00 à 17h00
le jeudi de 9h00 à 12h00
le vendredi de 9h00 à 17h00
Mar 20 oct 2009
17 commentaires
Bonsoir!
Je viens de prendre connaissance de ton blog (je me permets de tutoyer nous sommes de la même génération) grâce à la plateforme RegionsJob.
Félicitations pour ce blog animé. J'aime beaucoup le mur d'images qui illuminent le noir du blog (quoi que c'est fatiguant en fin de journée).
Va avec un "S" ne serait-ce pas mieux?
Bonne continuation!
Je viens de prendre connaissance de ton blog (je me permets de tutoyer nous sommes de la même génération) grâce à la plateforme RegionsJob.
Félicitations pour ce blog animé. J'aime beaucoup le mur d'images qui illuminent le noir du blog (quoi que c'est fatiguant en fin de journée).
Va avec un "S" ne serait-ce pas mieux?
Bonne continuation!
Franck61 - le 20/10/2009 à 18h07
Bonjour, merci pour ces encouragements! Par contre je n'ai pas trouvé à quel endroit se cachait ce "S" manquant ?!
Maude ML
Petite précision concernant le bureau du CNRJ à Paris : il a déménagé en mai au 7 rue de Paradis ds le 10e arr. Je crois que le numéro de téléphone en 01 n'est plus valable ; il faut désormais
passer par le fameux 3949.
Florianne - le 20/10/2009 à 18h32
Ah, merci bien. Je vais tenter de mettre à jour mon billet !
Maude ML
Je ne sais précisément pas de quand date le déménagement de PôleEmploi-CNRJ (telle est désormais sa dénomination), mais c'est antérieur à mai… J'ai été convoqué en mars 2009 et y suis allé en avril
2009.
Le numéro de téléphone, effectivement, est le fameux 3949. L'idéal est de communiquer par courriel, comme avec tous les conseillers.
Le numéro de téléphone, effectivement, est le fameux 3949. L'idéal est de communiquer par courriel, comme avec tous les conseillers.
Fabien - le 20/10/2009 à 21h04
Mon dieu, je me revois dans ce bureau..C'est marrant, m'ont dit la meme chose...Enfin apres avoir tourne sur tous les postes (en presse ecrite), dans un nombre non negligeable de redactions...Ben
je me suis barree a l'etranger, sans regrets...
PS : ne suis pas illetree, c'est mon clavier qui n'a pas les accents.
PS : ne suis pas illetree, c'est mon clavier qui n'a pas les accents.
Sandra - le 20/10/2009 à 21h06
Pas toujours faciles ces aventures au Pôle emploi... Ils sont généralement débordés (surtout en ce moment) et ils n'ont pas de solution miracle. Ceux qui "se débrouillent bien tout seul" n'ont donc
que peu de chance de repartir avec quelque chose d'intéressant. Surtout dans des métiers comme çà... Déjà à mon inscription, après un Master 2 Communication, on m'avait inscrit dans le secteur
"Economie" et dès l'accueil on m'avait dit que je devrais penser à me reconvertir. C'était une semaine après avoir été diplômé. Pour ta recherche, active ton réseau et va sur les sites spécialisés,
l'ANPE ne t'apportera pas grand chose... Bonne chance !
Flav - le 21/10/2009 à 09h26
J'ai une anecdote un peu dans la veine de celles que tu cites au début : Rdv d'inscription on me demande mes diplômes je donne l'intitulé "Sciences Politiques". La conseillère me dit : "J'ai pas
Sciences Politiques dans mon fichier je mets Sciences policières, c'est pareil non ?" Et quelques minutes après même conseil débrouillez vous avec votre réseau pour trouver du boulot. C'était en
2002 mais je vois que rien n'a changé. Sinon je te conseille tout de même d'aller voir l'Apec, c'est un autre monde par rapport à Pôle Emploi, un peu plus adapté aux diplômés.
FmR - le 21/10/2009 à 09h39
Bonjour,
Je vais faire le grincheux: franchement, si tu comptes sur l'anpe pour trouver un boulot dans le journalisme... C'est un secteur ultra-spéficique qui en terme d'emploi ne pèse pas grand chose. On ne peut pas reprocher aux agents de ne pas pouvoir t'aider. D'autant plus que je n'ai pas du tout compris ta remarque sur le commentaire de l'agent qui disait avoir vu passer des "Presse - O": qu'est-ce que tu en sais?
Les gens s'inscrivent au Pôle Emploi pour toucher les indemnités chômages auxquelles ils ont droit, pour faire sinon après une démarche pour toucher le RMI ou pour commencer une formation. En fait, j'ai dû mal à comprendre ta démarche à toi ni ce que tu voulais t'entendre dire lors de cet entretien. Quand ils te disent que tu es autonome, ça veut dire qu'ils ne vont pas te faire chier avec des convocations tous les quinze jours. Tu devrais être contente.
Je vais faire le grincheux: franchement, si tu comptes sur l'anpe pour trouver un boulot dans le journalisme... C'est un secteur ultra-spéficique qui en terme d'emploi ne pèse pas grand chose. On ne peut pas reprocher aux agents de ne pas pouvoir t'aider. D'autant plus que je n'ai pas du tout compris ta remarque sur le commentaire de l'agent qui disait avoir vu passer des "Presse - O": qu'est-ce que tu en sais?
Les gens s'inscrivent au Pôle Emploi pour toucher les indemnités chômages auxquelles ils ont droit, pour faire sinon après une démarche pour toucher le RMI ou pour commencer une formation. En fait, j'ai dû mal à comprendre ta démarche à toi ni ce que tu voulais t'entendre dire lors de cet entretien. Quand ils te disent que tu es autonome, ça veut dire qu'ils ne vont pas te faire chier avec des convocations tous les quinze jours. Tu devrais être contente.
Dudule - le 21/10/2009 à 11h02
Quel besoin de l'enguirlander! Je peux comprendre ce qu'elle dit. Moi aussi, je suis inscrite au chômage même si je pige un peu. Et oui, les conseillers sont démunis par rapport à notre profil. Le
mien est un ancien journaliste et il m'a dit que ça ne m'aiderait pas pour autant. Il n' a aucun contact. C'est effectivement à nous de nous débrouiller mais ce serait tellement plus confortable,
avouons-le, si on était un peu épaulé.
lennoes - le 21/10/2009 à 11h42
Bonjour Maud et tous les autres,
Ah, je me revois sortant la même tirade à mon entourage il y a juste une semaine. Je l'ai épargné au public de mon blog, qui est anglophone et ne connaît pas les joies du Pole Emploi. Allez, je m'essaye quand même à l'exercice...
Situation un peu similaire et un peu différente pour moi: 25 ans aussi, j'ai été formée en école de journalisme aux États-Unis où j'ai eu une expérience en alternance de 2 ans, puis 1 an dans un quotidien national anglophone du Cambodge. Rentrée de Phnom Penh le mois dernier, je m'inscris sur le site du Pole Emploi à peine remise du décalage horaire.
Trois semaines plus tard, je reçois une convocation par courrier traditionnel (ça commence bien). Au rendez-vous fixé, un homme me reçoit, l'air plutôt intelligent et au courant de ce qui se passe. J'en ai entendu des horreurs sur le Pôle Emploi (ma mère, qui a créé sa propre entreprise de com', a du former son conseiller à ce que sont le portage salarial et le statut d'auto-entrepreneur) mais là, je suis presque rassurée... sauf qu'il me pose les mêmes questions auxquelles j'ai déjà répondu sur le site et me dit simplement que je n'ai le droit à aucune indemnité (je le savais déjà). Je lui raconte tout mon parcours, il le note sur papier libre.
Il m'envoie ensuite vers une "conseillère carrière" de 22 ans à tout casser, qui remplit mon dossier avec en moyenne trois énormes fautes de grammaire/orthographe par ligne de 60 caractères. Si les employeurs croient que c'est moi qui ai rempli ça, je suis mal barrée... Je lui raconte tout mon parcours, elle le note sur papier libre (bis). Ensuite, je fais planter l'ordinateur: du haut de mes 25 ans, j'en sais déjà trop pour le logiciel de l'ANPE qui n'accepte que de cocher jusqu'à 16 cases dans la longue liste de compétences proposée.
Enfin, on m'inscrit de force dans un atelier de bilan de mes méthodes de recherche d'emploi pour la semaine suivante. Je me retrouve dans une salle avec une demi-douzaine de demandeurs d'emploi, tous jeunes. La monitrice s'excuse et les langues se délient. Une dans la vente, un en restauration, un en informatique... Le même son de cloche partout: "ces conseillers ne connaissent pas mon industrie, ils sont incapables de m'aider." Je dois remplir un long questionnaire pour savoir où j'en suis et quelle aide le Pole Emploi peut m'apporter. Pour tester le système, je décide de cocher une fois "non", pour voir. "Êtes vous satisfait(e) de la rédaction de votre CV?" "Non." La conseillère me voit en privé, comme tous les autres. Je lui raconte tout mon parcours, elle le note sur papier libre (ter). Mes "doutes" quant à la qualité de mon CV ne seront jamais abordés. Après 10 minutes, elle m'annonce que le Pole Emploi cadres et international correspond mieux à mon profil. Ils me contacteront pour un entretien (j'attends toujours) avec une 4ème personne. Si j'ai ensuite des questions, je verrai une 5ème, 6ème, ou 7ème personne en fonction des disponibilités de chacun. Si dans 3 mois je suis toujours en recherche, je rencontrerai mon conseiller permanent. Ma 8ème personne. Je lui raconterai tout mon parcours, elle le notera sur papier libre.
Conclusion: il aura fallu 6 semaines et 3 personnes pour me changer de service, alors que si on m'avait donné le choix du PE où m'inscrire, j'aurai filé à la filière internationale sans hésitation. Il aura fallu 6 semaines et 3 personnes pour établir ce que 2 cases à cocher de plus dans le formulaire d'inscription sur Internet auraient résolu. (Enfin quand le site veut bien fonctionner correctement, occasions qui se font rare.)
Je ne reproche pas au PE de ne pas connaître le journalisme (et bien d'autres industries). Je me débrouille effectivement très bien sans eux pour ma recherche. Mais je me débrouillerais encore mieux s'ils ne me faisaient pas perdre mon temps (et celui de tous les autres) en marathons administratifs. Je leur reproche des processus complètement archaïques et inefficaces, alors qu'on ne cesse de nous parler de modernisation des administrations. Et même quand on n'a le droit à aucune indemnité, on est obligé de passer par là pour ensuite avoir le privilège de passer par les mêmes galères à la CAF, la CPAM, etc...
Je leur reconnais un avantage super: les billets de train gratuits pour aller aux entretiens que je me trouve toute seule.
Bref, le seul conseil que je puisse donner, c'est d'essayer de passer le moins de temps possible au PE et de vous consacrer plutôt à votre réseau. Bon courage à toi Maud et à tous les autres dans la même situation. (PS: Tenir ce blog, c'est déjà un bon début pour te sortir de la masse des candidats.)
Ah, je me revois sortant la même tirade à mon entourage il y a juste une semaine. Je l'ai épargné au public de mon blog, qui est anglophone et ne connaît pas les joies du Pole Emploi. Allez, je m'essaye quand même à l'exercice...
Situation un peu similaire et un peu différente pour moi: 25 ans aussi, j'ai été formée en école de journalisme aux États-Unis où j'ai eu une expérience en alternance de 2 ans, puis 1 an dans un quotidien national anglophone du Cambodge. Rentrée de Phnom Penh le mois dernier, je m'inscris sur le site du Pole Emploi à peine remise du décalage horaire.
Trois semaines plus tard, je reçois une convocation par courrier traditionnel (ça commence bien). Au rendez-vous fixé, un homme me reçoit, l'air plutôt intelligent et au courant de ce qui se passe. J'en ai entendu des horreurs sur le Pôle Emploi (ma mère, qui a créé sa propre entreprise de com', a du former son conseiller à ce que sont le portage salarial et le statut d'auto-entrepreneur) mais là, je suis presque rassurée... sauf qu'il me pose les mêmes questions auxquelles j'ai déjà répondu sur le site et me dit simplement que je n'ai le droit à aucune indemnité (je le savais déjà). Je lui raconte tout mon parcours, il le note sur papier libre.
Il m'envoie ensuite vers une "conseillère carrière" de 22 ans à tout casser, qui remplit mon dossier avec en moyenne trois énormes fautes de grammaire/orthographe par ligne de 60 caractères. Si les employeurs croient que c'est moi qui ai rempli ça, je suis mal barrée... Je lui raconte tout mon parcours, elle le note sur papier libre (bis). Ensuite, je fais planter l'ordinateur: du haut de mes 25 ans, j'en sais déjà trop pour le logiciel de l'ANPE qui n'accepte que de cocher jusqu'à 16 cases dans la longue liste de compétences proposée.
Enfin, on m'inscrit de force dans un atelier de bilan de mes méthodes de recherche d'emploi pour la semaine suivante. Je me retrouve dans une salle avec une demi-douzaine de demandeurs d'emploi, tous jeunes. La monitrice s'excuse et les langues se délient. Une dans la vente, un en restauration, un en informatique... Le même son de cloche partout: "ces conseillers ne connaissent pas mon industrie, ils sont incapables de m'aider." Je dois remplir un long questionnaire pour savoir où j'en suis et quelle aide le Pole Emploi peut m'apporter. Pour tester le système, je décide de cocher une fois "non", pour voir. "Êtes vous satisfait(e) de la rédaction de votre CV?" "Non." La conseillère me voit en privé, comme tous les autres. Je lui raconte tout mon parcours, elle le note sur papier libre (ter). Mes "doutes" quant à la qualité de mon CV ne seront jamais abordés. Après 10 minutes, elle m'annonce que le Pole Emploi cadres et international correspond mieux à mon profil. Ils me contacteront pour un entretien (j'attends toujours) avec une 4ème personne. Si j'ai ensuite des questions, je verrai une 5ème, 6ème, ou 7ème personne en fonction des disponibilités de chacun. Si dans 3 mois je suis toujours en recherche, je rencontrerai mon conseiller permanent. Ma 8ème personne. Je lui raconterai tout mon parcours, elle le notera sur papier libre.
Conclusion: il aura fallu 6 semaines et 3 personnes pour me changer de service, alors que si on m'avait donné le choix du PE où m'inscrire, j'aurai filé à la filière internationale sans hésitation. Il aura fallu 6 semaines et 3 personnes pour établir ce que 2 cases à cocher de plus dans le formulaire d'inscription sur Internet auraient résolu. (Enfin quand le site veut bien fonctionner correctement, occasions qui se font rare.)
Je ne reproche pas au PE de ne pas connaître le journalisme (et bien d'autres industries). Je me débrouille effectivement très bien sans eux pour ma recherche. Mais je me débrouillerais encore mieux s'ils ne me faisaient pas perdre mon temps (et celui de tous les autres) en marathons administratifs. Je leur reproche des processus complètement archaïques et inefficaces, alors qu'on ne cesse de nous parler de modernisation des administrations. Et même quand on n'a le droit à aucune indemnité, on est obligé de passer par là pour ensuite avoir le privilège de passer par les mêmes galères à la CAF, la CPAM, etc...
Je leur reconnais un avantage super: les billets de train gratuits pour aller aux entretiens que je me trouve toute seule.
Bref, le seul conseil que je puisse donner, c'est d'essayer de passer le moins de temps possible au PE et de vous consacrer plutôt à votre réseau. Bon courage à toi Maud et à tous les autres dans la même situation. (PS: Tenir ce blog, c'est déjà un bon début pour te sortir de la masse des candidats.)
Isabelle Roughol - le 21/10/2009 à 22h32
Et que penser de ces sites web qui recrutent des pigistes à 2 francs six sous...
En tout cas, bon courage dans ta recherche, on se croisera peut être au CNRJ si tu passes par là un jour ;)